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Qui ? Où ?

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Table Des Matières

27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 10:52
Ou 3 semaines passées entre Sydney et Hervey Bay, sur la Sunshine Coast.

Pendant que mon Pajero m'attend sagement à Cairns, nous voilà sur la route avec un van, genre Combi VW, matelas et bidons à l'arrière, et tout le toutim... 3000 kilomètres à faire avant les tropiques. La tête à l'envers et le volant aussi.

15 jours à Sydney, métropole de 4 millions d'habitants, se sont passés doucement. Tout ici paraît étrange et nouveau, comparé à notre vieille Europe. Malgré l'hiver, et ses 9° nocturnes, la végétation luxuriante et le ciel quasiment toujours bleu dominent la ville, donnant l'impression d'un été permanent.
Palmiers et flamboyants, ficus géants et palétuviers, tout ici incite au farniente.
Please walk on the grass and hug the trees annoncent les panneaux des jardins publics !
Les ibis se promènent nonchalamment dans le centre, en quête d'une nourriture facile, alors que les perruches volètent d'épaule en épaule, mendiant quelques miettes aux touristes ébahis.
Le tout sur fond d'Opéra grandiose et de « Harbour Bridge » enjambant la baie.
Rarement architecture et nature se sont aussi harmonieusement mélangées que dans cette grande cité de l'hémisphère sud.
Les ferries sillonnent le port au son de didjeridoos d'opérettes, maniés par quelques « aborigènes » tout aussi factices, posant aux côtés de badauds hilares et heureux.
Des sentiers côtiers, emplis de silence et de senteurs sillonnent la ville et l'on oublie très vite que la civilisation n'est qu'à quelques minutes de métro. Même les plages, telles que Bondi ou Manly sont à moins de 20 minutes, et les surfs encombrent les autobus, à « two bucks, mate », le trajet.
Cette ville entourée d'eau et de verdure est simplement envoûtante, et il fait bon y vivre.
Pendant que jeunes du monde entier se rassemblent ici, attendant la venue du Pape pour les « WYD SYD » (World Youth Days in Sydney, ou Journées Mondiales de la Jeunesse), les Australiens courent, jouent au rugby ou au frisbee dans les parcs ou entre les magnifiques buildings composant le centre-ville.
Les journaux ne parlent évidemment que de cela, et des florilèges de drapeaux de tous pays, surmontant des groupes excités traversent Hyde Park ou Circular Quay., au son de cantiques modernes accompagnés de guitares et de drums... Nonnes encapuchonnées, moines en robe de bure dévorant des hamburgers composent une mosaïque hétéroclite sous les regards des « Sydneiens » perplexes...

Mais l'Australie ne se résume pas ici, et il est grand temps de partir, et de courir les grands espaces !

La prise en main du véhicule ne s'est pas faite sans mal : mes doigts actionnaient systématiquement l'essuie-glaces à la place du clignotant, et je cherchais le levier de vitesse du côté de la portière... Sans parler des ronds-points, des feux de l'autre côté, et de cette fâcheuse tendance à rouler trop à gauche.
Mais bon, nous sommes sortis de Sydney tant bien que mal, évidemment à l'heure de pointe.

La première nuit s'est passée à l'arrache en bord de route, à Swansea, petite ville sans intérêt. Gonflage du matelas, déballage des draps et couette sous un lampadaire dans la fraîcheur d'une nuit d'hiver, ne nous ont pas coupé l'appétit et le seul restaurant de la ville a dignement empli nos panses affamées. Lendemain piteux, sans café ni douche, il est temps de s'organiser...

La Pacific Highway déroule son long ruban d'asphalte sous les roues du van. Bulahdelah, Coomba, Taree, Port Macquarie, Nambucca Heads, Woolgoolga... Consonances exotiques sur des panneaux tout aussi évocateurs : Kangourous sur les prochains 25 kilomètres, attention koalas !
Et nous voilà arrivés à Flynn's Beach. Ces petites localités, en grand et gras sur la carte, malgré leurs quelques centaines ou milliers d'habitant émaillent la côte et il est si tentant de s'arrêter dans chacune d'elles... Mais il faut bien choisir, un peu au hasard.
Ce petit camping en bord de mer paraît parfait pour l'étape, avec ses bungalows et vans bien rangés. Ici, résidents à l'année et backpackers se côtoient joyeusement dans une ambiance conviviale de vacances. Le ciel sans nuages résonne sous le caquètement des perruches et le coassement des grenouilles.
Bonheur de boire un café face aux rouleaux se fracassant sur la plage, au petit matin, tandis que les surfeurs sont déjà au boulot... La température grimpe doucement et les pulls ne vont pas tarder à être remisés au fond du sac, je le sens !

Après une courte étape, une route transversale s'empare du camion en direction de l'Océan tout proche. Les kangourous broutent dans le bush, levant à peine les yeux sur son passage. Nombre de leurs cadavres parsèment d'ailleurs les bas-côtés, et je commence à comprendre la nécessité du 4x4 et du pare-buffles... Personne ne doit leur avoir appris à bien regarder avant de traverser, les pauvres.
Cela dit, grillée au feu de bois, leur viande délicieusement juteuse et sucrée est succulente !
La soirée fût mémorable... Ici, la Voie Lactée, loin des feux de la civilisation, explose dans toute sa magnificence et tourne doucement autour de la Croix du Sud alors que la Lune se lève sur l'océan, à portée de doigts...
Et ce matin, au sein du Yuraygir National Park, la nature offre à nos yeux une débauche de couleurs, de senteurs et de bruits, où la présence de l'Homme semble parfaitement incongrue...
Toutes sortes d'oiseaux vaquent à leurs occupations, à quelques centimètres de moi, nullement impressionnés par ma grande carcasse penchée sur l'ordinateur.
La plage à quelques mètres, vierge comme aux premiers temps, s'étend de part et d'autre du van. Aucune trace de pas, aucun son si ce n'est celui des vagues accostant après leur long voyage Pacifique.
Solitude des premiers temps, qu'il faut bien abandonner pour continuer la longue route du nord.

Et la prochaine étape, Byron's Bay arrive doucement.
Mélange incongru de fermiers australiens et hippies new age, buvant des bières ensemble autour des braseros des terrasses de bistrots. Skate boards, dreads, magasins bio, loks fantasques, beaucoup ont dû oublié de repartir en s'arrêtant ici...
Bouh, réveil sous un crachin qu'un breton n'aurait pas dénigré...

Je pensais naïvement que le passage du New South Wales State au Queensland, Sunshine State, aurait ramené le soleil, magiquement, telle la frontière du Nôrd de Danny Boon. Macache...
Surfers Paradise...
Je cite : « De l'aveu de ses habitants, si Surfers Paradise était une personne, ce serait Paris Hilton : m'as-tu-vu, kitsch, fêtarde, et douée d'un sens aigu du style et de la promotion ».
Et bien c'est faux, c'est pire !!! On dirait un centre commercial, empli de MacDo, KFC & co, sur fond de buildings énormes et disgracieux. Seules les rouleaux parfaits sur la plage donnent un sens à cette ville de playmobils...

Après quelques coups de pieds à des mouettes voraces et des ibis pouilleux, qui tentaient sournoisement de nous taxer nos fishburgers, voilà Brisbane qui se rapproche.
Et s'éloigne. Trop de circulation sur le périphérique, trop de bruit, trop de monde, trop de tout...
Pas d'endroit où se poser pour la nuit, les hôtels complets ou trop chers, c'est la première galère du voyage... Après avoir tourné et retourné 3 ou 4 heures dans les banlieues, alors que la pluie commençait à tomber et que la nuit l'était déjà depuis longtemps, un camping nous case finalement dans un coin, entre un grillage barbelé et un gros 4x4, à Margate.
S'il existe un endroit au monde sans intérêt, nous l'avons trouvé ! Le front de mer est désespérément vide... Aucun commerce, aucun piéton, aucune lumière.
Rien.
Ha si, enfin, une station service et un pizza hutt éclaire enfin la noirceur de ce bled.
Heureusement que l'Australien est serviable et sympathique :
« Where can we have a glass of beer and a dinner, in a walking distance ? »
« Hemmm, hard... very hard... Aoow, yeah, I thin' ya can find at Bowls Club. Waitin' for my pizza and I drive ya if ya wan' »
Mais nos pieds aussi affamés que nos estomacs ont décliné cette généreuse proposition. Immense lieu, sans bowls ni clients d'ailleurs... Genre club de bridge ou de loto pour troisième âge. Deux tables garnies, sur une centaine disponibles, éclairées vaillamment par des néons éclatants, et entourées de Pokies, sortes de machines à sous incompréhensibles qui nous ont englouti 4 dollars en guise de dessert. Desserts offerts par ailleurs par la gentille serveuse.
Une soirée bien étrange, digne d'un feuilleton de série Z, tourné en 24x36 noir et blanc...
Et une nuit pire encore, rythmée par un déluge crépitant et résonnant sur le toit du camion, sans discontinuer.
Réveil dans la boue et la condensation. Les allées du camping s'étaient transformées en billabongs fournis, le ciel était opaque, menaçant, et la pluie tombait de plus belle.
Petit rayon de soleil dans cette grisaille mouillée, Bob m'attendait pour le petit déj dans un centre commercial de la banlieue de Brisbane. Je ne pensais que ce « vieux » bonhomme m'aurait autant manqué, avec ses airs hilares et sa tronche burinée.
Embrassades.
L'on s'est raconté à tour de rôle nos aventures devant un café bienvenu. Et le gris est revenu en force. Retour dans le van humide sur une route détrempée, surchargée de voitures et de camions, transformant le pare-brise en brise-lames...
La route est renommée Bruce Highway, et les nids de poule commencent à faire leur apparition, cachés sous les inondations de ce déluge sans fin.
Les chevaux pataugent jusqu'aux genoux dans les prairies submergées, les arbres disparaissent dans les lacs formés par ces lances d'eau.
Rough road, déprimante à souhait, où la concentration douloureuse devient très vite fatigue...
Temps exceptionnel, anormal, aux dires des habitants, qui n'ont jamais vu ça à cette saison.
Il est temps de s'arrêter.
Pour ne pas faire de conneries, d'une part, et parce que Hervey Bay, la destination du jour, est le dernier spot où l'on pourra voir les baleines, revenant vers l'Antarctique avec leurs petits.
Le camion est tellement humide que nous avons décidé de passer ici deux nuits, dans un motel, au chaud et à l'abri, pour tout sécher, se reposer, et attendre le soleil.
Heureusement, aujourd'hui il revient un peu, égayant de ses rayons cette jolie ville et ses 15 kilomètres de plage.
Et demain, nous partons à la rencontre de ces mammifères, géants des mers, qui eux aussi ont choisi cette baie pour se reposer et jouer avec leurs baleineaux, aussi curieux des humains que nous le sommes d'elles...
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commentaires

G
Courage mon gégé ! Bientôt le soleil !<br /> Ici, on pense à toi, en direct de l'ile de ré ou je fais un petit pélerinage sur les lieux de nos vacances de jeunesse !
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G
Tes articles méritent d'être publiés, j'ai failli ouvrir mon parapluie en les lisant ! Mais j'ai ma revanche : ici il fait beau !!!<br /> Amitiés : Gérard.
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