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Qui ? Où ?

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Table Des Matières

4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 07:49
Bonjour les ami(e)s, comment allez-vous ?


Je profite d'un petit break au long de ces routes chaotiques pour ressortir le clavier, et croyez bien qu'il faut du courage, par 36°, sans parler de l'humidité qui, jour après jour, gagne du terrain...


L'on s'était, je crois, quittés à Katherine, dans le Territoire du Nord.


Petite ville à la croisée de nombreux chemins, peuplée majoritairement d'aborigènes, à 350 kilomètres au sud de Darwin, elle est la porte d'entrée de la Terre d'Arnhem, bastion inébranlé de la culture de ce peuple plus vieux que le monde. Un million d'hectares pour quelques milliers d'habitants.

Il y a 60.000 ans de cela, alors que nos ancêtres peinaient encore à descendre de leurs branches et se tapaient déjà dessus avec tout ce qui leur tombait sous la patte, cette race mystérieuse sans lien évident, qu'il soit racial ou linguistique, avec ses voisins asiatiques ou pacifiques, avait déjà entrepris son exode et essaimé tout au long de cette terre australe.

Personne ne peut aujourd'hui expliquer comment ils ont pu atteindre cette grande île, sauf à admettre qu'ils ont découvert la navigation à voile au moins 30.000 ans avant n'importe quel autre peuple, et aussitôt oublié ou abandonné !...

Peuplade ô combien mystérieuse, gouvernée par le rêve, qui a su vivre en isolation totale et a conquis doucement la totalité de ce pays immense, des régions tropicales et moites du Nord à celles, froides et grisâtres du Bassin Antarctique, en passant par les désolations rouges et sèches du Grand Centre.

Peuplade qui ne connaît pas la guerre, en parfait accord avec la Nature, à tel point qu'ils prétendent lui appartenir et nomment et chantent chaque caillou, chaque arbre, toutes choses, afin de les faire vivre. A tel point qu'ils sont capables de vivre en plein désert, puisant l'eau là où elle se cache à nos yeux, ou au contraire s'accommoder d'une montée des eaux rituelle et annuelle de plusieurs mètres...

Le tout sur la terre la plus inhospitalière (si l'on excepte l'Antarctique) de notre planète.

En effet, géologiquement morte depuis plus de 60 millions d'années, avec seulement 2 ou 3 petits bassins fluviaux dans le sud-est, l'Australie a été patiemment lavée, débarrassée de tous ses sédiments, aplanie et laminée au fil des âges.

Ne laissant majoritairement que sable et poussière, avec des horizons si lointains que l'on pourrait parfois se croire en pleine mer, perdu au sein d'une immensité sans nom...


Mais ici, à Katherine, alors que la saison humide, le wet, se rapproche à grands pas, et que Mister le Soleil cogne à s'en déboîter les neurones, c'est une Australie plus verte et plus fournie que partout ailleurs.

Dans cette région, que l'on nomme le Top End, les Tropiques règnent en maître, passant de la saison sèche à la saison humide, sans jamais connaître les rigueurs hivernales.

Darwin, la capitale de 70.000 habitants d'où je repars seul, sommeille langoureusement devant la Mer du Timor, sortant de sa torpeur pendant quelques heures, quand le soleil part se coucher. Personne ne court ici, et rien ne presse. La climatisation permet aux habitants de vaguement tenter quelque paresseuse activité, mais cette fièvre retombe bien vite...

Le genre de ville où l'on pourrait se perdre, d'où l'on pourrait bien oublier de repartir, gagné par sa contagieuse et tropicale apathie, tels de vieux coloniaux hépatiques...

Où beaucoup se sont fait piéger déjà, en témoignent les marchés de nuit, lieux de rencontre de toute une faune de voyageurs perdant une âme, de ci de là, maigre de tropiques, au gré des petits boulots précaires...


Heureusement que pas très loin de magnifiques terres se profilent...

Dont le plus grand parc national du pays, Kakadu.

Il est traversé par des rivières aux noms évocateurs, East Alligator, ou South Alligator, évidemment remplies à ras bord de méchants crocodiles marins, nageant sournoisement, tels de vieux morceaux de bois, ou se dorant le cuir sur la berge, la gueule grande ouverte, à quelques mètres de toi !

Des accidents arrivent d'ailleurs à intervalles réguliers, quand des sauriens affamés se délectent de quelque touriste imprudent se promenant nonchalamment trop près de l'eau...

Dire que depuis Cairns il est « déconseillé » de se baigner alors que tant de plages se sont profilées sous le soleil de plus en plus épais !

Je cite : « Des crocodiles marins habitent cette zone. Leurs attaques sont dangereuses, voire mortelles. N'approchez pas de ces animaux. N'ENTREZ PAS DANS L'EAU. »


Ça donne le ton tout de suite, non ?


Ça va, le camping est à 500 mètres de la rivière, et seuls quelques wallabies sautillent à leurs occupations, au milieu de hordes de mouches, et de cohortes de moustiques immédiatement intéressés par nos peaux luisantes.

Qu'importe, quand l'on sait qu'à quelques mètres à peine, l'on assistera à l'un plus beaux couchers de soleil qui soit sur Terre.

Ubirr, au pied de la Terre d'Arnhem, offre aux hommes depuis très longtemps son plateau, dominant la grande plaine du Kakadu, et le soleil se couche ici au bout d'un horizon de verdure, découpé de billabongs et de méandres langoureux de rivières, reflétant les couleurs changeantes de l'astre déclinant.

Des kilomètres de nature se déroulent, vierges de toute activité humaine, et des centaines de cacatoès blancs et jaunes saluent de leurs cris disgracieux la venue de la nuit, tandis que les kangourous bondissent sans crainte.

Je suis retourné deux fois encore m'asseoir sur ce rocher venté, chaud du soleil de la journée, à contempler silencieusement, religieusement même, le soleil s'en aller doucement.

Peu de spectateurs parlent, tous comme frappés de stupeur, ou envahis par un sentiment de compréhension totale, de communion intime avec notre planète, et je comprends que ce lieu soit sacré depuis l'aube des temps chez les aborigènes, et qu'ils y aient laissé leurs traces, sous formes de magnifiques dessins rupestres, au long des falaises intenses de rouge et d'orange...


Litchfield NP, parc national de l'autre côté de la Stuart Highway qui coupe en deux le pays, du nord au sud, offre quant à lui de nombreuses cascades et bassins d'eau douce, où enfin, j'ai pu me baigner. Seuls des crocos d'eau douce vivent ici, et ils ne sont pas aussi dangereux que leurs monstrueux cousins. Il suffit de faire un peu attention, et de bien lire les panneaux !

Outre ces rafraîchissantes pauses, le parc est jalonné de pistes réservées au 4x4, et je peux dire qu'Edgar s'est régalé, traversant des gués plus hauts que ses roues pour atteindre quelque mine abandonnée, ou se lâchant à pleine vitesse le long de pistes tortueuses menant à de mystérieux mégalithes empilés hasardeusement, tels d'anciennes cités perdues.


Et demain je m'en vais, je retourne au Camp Bodeidei, chez François, au cœur d'Arnhem, pour 3 semaines.

Seul blanc installé de toute cette région, grande comme le Portugal, sur des terres que ses amis aborigènes lui ont donné, il a installé son camp au milieu de la forêt, à côté d'une source distillant une eau d'une pureté incomparable.

De vastes « pièces », largement ouvertes sur la nature environnante; des lits sous moustiquaire avec les arbres et le ciel comme panorama; des crânes de buffles ornent les arbres, trophées de chasse, côtoyant les peaux de crocodiles ou les dents de cochons sauvages.

Trois semaines à vivre au milieu des chevaux sauvages, des ânes ou des buffles investissant le camp à la nuit tombée... Je me demande d'ailleurs si François aura abattu l'asiné qui prétendait intégrer la cuisine à son territoire, à grandes revendications hihanesques à deux heures du matin, gobant les moindres éponge ou morceaux de savon malheureusement oubliés là...

Ni téléphone, ni internet. Et le courant de temps à autre, lorsque le générateur tourne. Et le chauffage (ingénieux) de l'eau des douches au feu de bois. Et la viande de buffle, délicieuse.


Ce sera, je pense, une expérience enrichissante, au contact d'aborigènes se souvenant peut-être encore un peu de leur passé, loin de l'hypocrisie des villes où l'alcool empoisonne leur sang et leur vole leur culture.

Une expérience de vie en presque autarcie, à la découverte d'endroits, de plantes, et d'animaux mystérieux, loin de l'Homme, sous la voûte étoilée qu'aucune lumière n'obstruera.


Bref, reprenez l'écoute dans trois semaines, d'ici là je me mets aux abonnés absents !!

Et j'en profiterai pour faire un peu le tri dans les photos, et vous en poster plein à mon retour.


Bises, et see you shoon...

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commentaires

B
dis , si tu trouves une opale , penses à ta môman ?
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B
hier soir , durant une heure, j'ai pu me croire avec toi dans ces terres lointaines . La 5 diffusait un reportage sur la Stuart Highway et j'ai retrouvé tous les paysages que tu décris si bien ! Merci de nous faire partager tes émotions et vivement les photos .
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